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Dpeclair

Les reconnaître, s'en protéger, savoir réagir

Arnaques rénovation énergétique

Les arnaques à la rénovation énergétique explosent depuis 3 ans, profitant de l'engouement pour les aides MaPrimeRénov' et CEE. En 2024, la DGCCRF a constaté 34% d'irrégularités sur 1\u00A0000 professionnels contrôlés et reçu plus de 26\u00A0000 signalements, avec un préjudice moyen de 20\u00A0000€ par victime.

Ce guide vous aide à identifier les pratiques frauduleuses, à vous protéger avant signature et à réagir si vous êtes victime. Consultez aussi notre check-list de vérification de devis.

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Plaintes DGCCRF en 2024

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Irrégularités constatées

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Préjudice moyen par victime

Types d'arnaques les plus courants

Démarchage téléphonique illégal

Depuis le 1er juillet 2025 (loi anti-fraude), le démarchage téléphonique et par voie électronique (mails, SMS) est interdit pour la rénovation énergétique. Si on vous appelle en se présentant comme 'conseiller gouvernemental', 'organisme d'État' ou 'partenaire MaPrimeRénov', c'est une arnaque.

Sanctions : jusqu'à 75\u00A0000€ d'amende pour une personne physique, 375\u00A0000€ pour une entreprise. En 2024, une entreprise d'Île-de-France a été condamnée à 1,5 million d'euros pour démarchage illicite.

Reste à charge 0€ (fausse promesse)

'Vos travaux ne vous coûteront rien, on gère tout avec les aides' : c'est impossible en 2026. Les aides (MaPrimeRénov' + CEE) couvrent 40-70% maximum selon revenus. Un reste à charge existe toujours. Cette arnaque masque souvent une surfacturation massive : travaux facturés 25\u00A0000€ au lieu de 12\u00A0000€, l'escroc empoche les aides et vous laisse avec des travaux mal faits.

Mécanisme : l'escroc se déclare mandataire MaPrimeRénov', touche les aides directement, puis disparaît ou bâcle les travaux.

Faux certificat RGE

L'artisan affiche un logo 'RGE' sur son devis ou site web, mais n'est pas certifié. Sans RGE valide, aucune aide n'est versée. Vous découvrez la supercherie après travaux, quand France Rénov' refuse votre dossier. Résultat : 10\u00A0000-20\u00A0000€ de travaux payés plein tarif sans recours.

Vérification : toujours vérifier la certification RGE sur france-renov.gouv.fr (annuaire officiel) avec le SIRET de l'entreprise. Ne vous fiez jamais au logo seul.

Surévaluation et matériel bas de gamme

Devis gonflé de 50-100% par rapport au prix du marché. Exemple : PAC air-eau 8 kW facturée 22\u00A0000€ au lieu de 12\u00A0000€. Ou isolation combles à 150€/m² au lieu de 40€/m². Souvent couplé avec matériel bas de gamme ou d'occasion présenté comme neuf (marque inconnue, pas de garantie fabricant).

Protection : comparez systématiquement avec nos grilles tarifaires (PAC, isolation) et exigez 3 devis minimum.

Faux audit énergétique

'Audit énergétique gratuit' (en réalité visite commerciale agressive de 2-3h), suivi d'un devis obligatoire sous pression ('si vous ne signez pas ce soir, le diagnostic est facturé 500€'). L'audit n'est pas réglementaire (pas d'ingénieur thermicien qualifié), donc inutile pour les aides.

Audit réglementaire : réalisé par bureau d'études certifié, coût 500-1\u00A0200€ (subventionné par MaPrimeRénov' jusqu'à 500€), aucune obligation d'accepter un devis ensuite.

Travaux inachevés ou jamais commencés

Après avoir encaissé un acompte important (50-100% au lieu des 30% légaux), l'entreprise disparaît sans réaliser les travaux, ou abandonne le chantier après quelques jours. Téléphone coupé, adresse bidon. En 2024, cette fraude représente 18% des plaintes DGCCRF.

Protection : ne jamais payer plus de 30% d'acompte, vérifier SIRET et assurance décennale, privilégier artisans locaux avec pignon sur rue et avis vérifiables (Google, Trustpilot).

Les 6 signaux d'alerte

Démarchage téléphonique

Tout appel non sollicité pour rénovation énergétique est illégal depuis juillet 2025. Raccrochez immédiatement et signalez sur SignalConso.gouv.fr.

Urgence artificielle

'Offre valable 48h', 'dernier chantier dans votre rue', 'si vous ne signez pas ce soir le prix double'. Ce sont des techniques de manipulation. Un artisan sérieux ne presse jamais.

Reste à charge 0€

Impossible en 2026. Les aides couvrent 40-70% maximum. Cette promesse cache toujours une surfacturation ou une arnaque aux aides publiques.

Pas de visite technique

Devis envoyé par téléphone ou email sans visite préalable = prix aléatoire. Pour PAC ou isolation, la visite sur site est obligatoire (bilan thermique, faisabilité).

Demande d'acompte élevé

Acompte légal maximum : 30%. Si on vous demande 50%, 80% ou 100% avant début chantier, c'est une escroquerie probable. Refusez et cherchez un autre artisan.

Mentions légales absentes

Pas de SIRET, pas d'adresse précise, pas d'assurance RC Pro mentionnée : l'entreprise n'est pas en règle. Vous n'aurez aucun recours en cas de litige.

Le démarchage pour la rénovation énergétique est interdit depuis le 1er juillet 2025

La loi contre toutes les fraudes aux aides publiques, promulguée le 30 juin 2025, interdit le démarchage téléphonique et par voie électronique (emails, SMS, réseaux sociaux) dans le secteur de la rénovation énergétique et de l'adaptation des logements au handicap.

Si vous recevez un appel : raccrochez immédiatement, ne donnez aucune information personnelle, signalez sur SignalConso.gouv.fr. Les autorités peuvent sanctionner l'entreprise jusqu'à 375\u00A0000€ d'amende.

Extension prévue : d'ici août 2026, l'interdiction du démarchage téléphonique sera généralisée à tous les secteurs (sauf consentement préalable du consommateur).

Comment se protéger

1

Vérifiez systématiquement la certification RGE

Rendez-vous sur france-renov.gouv.fr > Annuaire des professionnels RGE. Saisissez le SIRET de l'entreprise. Vérifiez que la certification est active, couvre bien les travaux proposés (ex : Qualibat 7131 pour ITE) et n'expire pas avant la fin des travaux. Un faux logo RGE est facile à créer, seul l'annuaire officiel fait foi.

2

Demandez au minimum 3 devis

Comparez les prix, techniques, marques de matériel et délais. Si un devis est 50% moins cher que les autres, c'est suspect (matériel bas de gamme, prestation incomplète ou arnaque). Un écart de ±20-30% est normal (marque, technique). Privilégiez le prix médian avec artisan RGE certifié et assurance décennale valide.

3

Ne payez JAMAIS plus de 30% d'acompte

L'acompte légal maximum est de 30% à la commande. Échelonnez les paiements : 30% commande, 40% fin gros œuvre, 30% réception travaux avec attestation de conformité. Si l'artisan exige 50%, 80% ou 100% avant début chantier, refusez : c'est un signal d'arnaque majeur. Payez toujours par virement (traçabilité), jamais en espèces.

4

Vérifiez toutes les mentions obligatoires

Le devis doit afficher : raison sociale, SIRET, adresse, RCS/RM, capital social, assurance RC Pro avec assureur + zone de couverture, certification RGE avec organisme + numéro, détail matériel et MO, TVA 5,5% si applicable, garanties (décennale, biennale, fabricant), délais, conditions paiement. Utilisez notre check-list complète.

5

Exigez une visite technique préalable

Pour PAC, isolation, audit : la visite sur site est obligatoire pour dimensionner correctement (bilan thermique, état des lieux, contraintes techniques). Un devis envoyé sans visite préalable = prix aléatoire, risque de sous-dimensionnement découvert après signature. La visite doit être gratuite et sans engagement.

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Utilisez notre outil de vérification

Notre vérificateur de devis analyse automatiquement le prix (cohérence avec marché), les mentions obligatoires, les signaux d'alerte. Basé sur 12 000 gestes ADEME et 1 000 contrôles DGCCRF. Réponse en 2 minutes, totalement gratuit. Mieux vaut 2 minutes de vérification que 20 000€ perdus.

Que faire si vous êtes victime ?

1. Signalez sur SignalConso

Rendez-vous sur signal.conso.gouv.fr > Travaux et rénovation. Décrivez les faits, joignez devis et photos. La DGCCRF est automatiquement alertée. L'entreprise sera contactée et sommée de régulariser. En 2024, SignalConso a reçu 26\u00A0000 signalements pour rénovation énergétique, déclenchant 1\u00A0000 contrôles et 140 procès-verbaux pénaux.

Important : SignalConso ne traite pas les remboursements individuels, mais votre signalement alimente les statistiques et déclenche des contrôles sur l'entreprise.

2. Contactez la DGCCRF

Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de votre département. Adresse sur economie.gouv.fr/dgccrf. Envoyez courrier recommandé avec AR, en joignant : devis, factures, échanges (emails, SMS), photos du chantier, preuve de paiement. La DGCCRF peut diligenter une enquête et sanctionner l'entreprise (amendes administratives jusqu'à 375\u00A0000€, poursuites pénales).

3. Médiation de la consommation

Si l'entreprise refuse de régulariser, saisissez le médiateur de la consommation du secteur (coordonnées sur le devis ou site de l'entreprise, sinon mediateur-consommation-smp.fr). Service gratuit, délai 90 jours. Le médiateur propose une solution amiable. Si l'entreprise refuse ou si échec, passez à l'étape suivante.

4. Recours juridique

Tribunal de proximité (litiges < 10\u00A0000€) ou tribunal judiciaire (litiges > 10\u00A0000€). Vous pouvez agir seul (pas d'avocat obligatoire en proximité) ou avec avocat (recommandé si > 10\u00A0000€). Motifs possibles : pratiques commerciales trompeuses, non-conformité, malfaçons, vice caché. Conservez TOUS les documents (devis, factures, échanges, photos datées).

Protection juridique : vérifiez si votre assurance habitation inclut une protection juridique (défense-recours). Elle prend en charge les frais d'avocat et de procédure.

5. Plainte pénale (escroquerie)

Si l'entreprise a disparu avec l'argent, ou si les faits constituent une escroquerie caractérisée (faux documents, aides détournées, non-réalisation totale après paiement), déposez plainte au commissariat ou gendarmerie, ou via pre-plainte-en-ligne.gouv.fr. Une enquête pénale sera ouverte. Délit d'escroquerie : jusqu'à 5 ans de prison et 375\u00A0000€ d'amende.

Vérifiez votre devis avant de signer

Notre outil détecte les incohérences de prix, les mentions manquantes et les signaux d'alerte en 2 minutes.

Protégez-vous des 34% d'irrégularités constatées par la DGCCRF

Questions fréquentes